Applaudir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XIV e siècle, aplaudir, intransitif. Emprunté du latin applaudere, « battre des mains ; louer ».

I. V. tr.
1. Marquer en battant des mains son approbation, son admiration pour une personne, pour une chose. Applaudir les acteurs, les musiciens. Applaudir une comédie. Un orateur, un discours très applaudi. Absolt. La foule applaudissait. Les spectateurs ent longuement. Expr. Applaudir à tout rompre, des deux mains, avec énergie et, fig., manifester une totale approbation.
2. Par ext. Donner son assentiment à quelque chose ; témoigner de son enthousiasme pour quelque chose. Applaudir une décision, une suggestion. J'applaudis votre succès, votre exploit. Intranst. Applaudir à un projet, à une proposition. Excellente idée ! J'y applaudis de tout cœur.

II. V. pron.
1. Vieilli. Se vanter, se glorifier. C'est un homme vain, qui s'applaudit sans cesse.
2. S' de, se féliciter de. Nous nous applaudissons de ce choix. Il s'applaudit de cet heureux dénouement.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Battre des mains en signe d'approbation. "Dans les spectacles du cirque et du théâtre, le peuple romain marquait sa joie en applaudissant, en battant des mains." "J'étais hier au spectacle, on applaudit beaucoup."
Il est aussi transitif dans ce sens, "Applaudir une pièce. Applaudir les acteurs, les comédiens."
Il signifie aussi donner son complet assentiment à une chose, et, en ce sens, il est le plus souvent précédé de la préposition "à. Applaudir à un projet. Applaudir à une proposition."
S'APPLAUDIR signifie Se vanter, se glorifier. "C'est un homme vain qui s'applaudit sans cesse."
Il signifie plus ordinairement Se féliciter de quelque chose. "S' d'un événement heureux. S' des bontés de quelqu'un, de son accueil. On s'applaudit du bon choix qu'a fait le gouvernement. Loin de me reprocher ces sentiments, je m'en applaudis. Il s'applaudit beaucoup de ce qu'il a dit, de ce qu'il a fait."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   V. n. Se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Battre des mains en signe d'approbation.
BOILEAU: « À son entrée tout le monde applaudit Tel vous semble , qui vous raille et vous joue »
FLÉCH.: « On ne le vit pas briguer des auditeurs pour lui »
LA FONT.: « Ainsi dit le renard, et flatteurs d' »

 2   Donner approbation.
MASS.: « Pourvu qu'on n'applaudisse pas à leurs crimes »
FLÉCH.: « Il s'anéantit lui-même tandis que tout l'univers lui applaudit »
RAC.: « Va chercher des amis dont l'estime funeste Honore l'adultère, applaudisse à l'inceste »
CORN.: « Et lorsqu'à mes désirs elle a feint d' »

 3   V. a. Accueillir par des applaudissements. Applaudir un orateur. Cette tirade fut applaudie.
DORAT: « Le public dédaigneux hait ce vain artifice ; Il siffle la coquette, il applaudit l'actrice »
SAURIN: « Tout le peuple à grands cris applaudit sa victoire »
DELILLE: « Son armée à grands cris applaudit son courage »

 4   Fig.
MOL.: « Je dois de votre coeur me montrer satisfait, Et l' ici du beau choix qu'il a fait »
RAC.: « Ce sénat... Qui vient vous de votre cruauté »
D'ALEMB.: « Combien Bossuet n'eût-il pas applaudi l'instruction si sage et si touchante que notre jeune monarque adressa aux curés de son royaume ! »

 5   S'applaudir, v. réfl. Se vanter, se glorifier. Il est seul à s'estimer et à s'applaudir.
BOIL.: « Un coeur noble est content de ce qu'il trouve en lui Et ne s'applaudit point des qualités d'autrui »

 6   Se féliciter. Je m'applaudis du part que j'a pris. Il s'applaudissait d'avoir si bien deviné.
VOLT.: « ....Je m'applaudissais de retrouver en vous, Ainsi que les vertus, le coeur de mon époux »
VOLT.: « Son grand coeur s'applaudit d'avoir au champ d'honneur Trouvé des ennemis dignes de sa valeur »
RAC.: « Ma fille.... Peut-être s'applaudit des bontés de son père »
RAC.: « Laissez-le s' d'un triomphe frivole »
CORN.: « Je m'en applaudissais quand soudain Polyclète.... »
CORN.: « Tandis que de leur rang l'inutile fierté S'applaudit d'une vaine et fausse égalité »
V. HUGO: « Vis-tu ces temps d'innocence, Où, quand rien n'était maudit, Dieu, content de sa puissance, Fit le monde et s'applaudit ? »

REMARQUE
    1. Faut-il dire : Ils se sont applaudi ou ils se sont applaudis de cette action ? Sans doute, on pourrait écrire, étant aussi verbe neutre, ils se sont applaudi, c'est-à-dire ils ont applaudi à eux, comme on écrit, ils se sont succédé. Mais une observation décide la question. L'usage ne permet pas : à quelqu'un d'une action ; mais il permet : quelqu'un d'une action. Par conséquent on écrira : ils se sont applaudis de cette action, c'est-à-dire qu'on accordera le participe avec le sujet.
    2. Les auteurs de synonymes ont essayé de trouver une différence entre , v. a. et v. n. disant qu'avec le premier c'est faire effectivement l'action propre, physique, marquée par le verbe ; et qu'avec le second, c'est, dans un sens étendu, moral, idéalisé, y adhérer, y donner assentiment. Les exemples qui sont ici rapportés montrent que cette distinction n'est pas réelle.

HISTORIQUE
    XIVème siècle
DU CANGE: « Thomas dist qu'il l'avoit frappé d'une fourche, combien que en verité il n'en feust riens ; mais le dist pour aplaudir et colourer son fait »
    XVIème siècle
MONT.: « Ceulx qui la laissent faire et qui lui applaudissent »

ÉTYMOLOGIE
    Espagn. aplaudir ; ital. e et applaudere ; du latin applaudere, de ad (voy. à) et plaudere (voy. PLAUSIBLE). La 3e conjugaison latine a été changée en 4e dans les langues romanes.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Battre des mains en signe d'approbation. "Dans les spectacles du cirque et du théâtre, le peuple romain marquait sa joie en applaudissant, en battant des mains. Applaudir aux acteurs, aux comédiens. J'étais hier au spectacle, on applaudit beaucoup."
Il signifie figurément, Approuver ce que fait ou dit une personne, et manifester sa satisfaction de quelque manière que ce soit. "Toute l'assemblée applaudit à une proposition si juste. S'il faisait cette bonne action, tout le monde lui ait. Quand un homme est en faveur, toute la cour lui applaudit. J'applaudis à votre dévouement, à votre conduite."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi actif, tant au propre qu'au figuré. "Applaudir une pièce. Applaudir un acteur. On a beaucoup applaudi ce vers, ce couplet, cette tirade. Cette scène fut applaudie à tout rompre. Il a fait un discours que tout le monde a vivement applaudi. Chacun l'a applaudi d'une si bonne action. Je vous applaudis de vous être conduit ainsi. On ne peut qu' un pareil trait."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie avec le pronom personnel, et signifie, Se vanter, se glorifier. "C'est un homme vain qui s'applaudit sans cesse."
Il signifie plus ordinairement, Se féliciter de quelque chose. "S' d'un événement heureux. S' des bontés de quelqu'un, de son accueil. On s'applaudit du bon choix qu'a fait le gouvernement. Loin de me reprocher ces sentiments, je m'en applaudis. Il s'applaudit beaucoup de ce qu'il a dit, de ce qu'il a fait."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Battre des mains en signe d'approbation. "Dans les spectacles du Cirque et du Théâtre, le peuple Romain marquoit sa joie en applaudissant, en battant des mains. Applaudir aux Acteurs. Applaudir aux Comédiens".
Il signifie figurément, Approuver ce que fait ou dit une personne, et le marquer de quelque manière que ce soit. "Toute l'assemblée applaudit à une proposition si juste. S'il faisoit ce bien-là au public, tout le monde lui oit. Quand un homme est dans la faveur, toute la Cour lui applaudit".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Applaudir, est aussi actif. "Chacun l'a applaudi d'une si bonne action. Il a fait une harangue que tout le monde a applaudie. Applaudir une pièce. Applaudir les Acteurs".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Applaudir, s'emploie avec le pronom personnel, et signifie, Se féliciter. "S' de sa bonne fortune. S' des bontés de quelqu'un, de son accueil. On s'applaudit du bon choix qu'a fait le Gouvernement".
Il signifie aussi, Se vanter, se glorifier. "C'est un homme vain qui s'applaudit sans cesse. Il est fâcheux de s' tout seul".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Battre des mains en signe d'approbation. "Dans les spectacles du Cirque & du Théatre, le peuple Romain marquoit sa joie en applaudissant, en battant des mains. Applaudir aux Acteurs. Applaudir aux Comédiens."
Il signifie figurément, Approuver ce que fait ou dit une personne, & le marquer de quelque manière que ce soit. "Toute l'assemblée applaudit à une proposition" " si juste. S'il faisoit ce bien-là au public, tout le monde lui oit. Quand un homme est dans la faveur, toute la Cour lui applaudit. Cet homme s'applaudit continuellement lui-même."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



est aussi actif. "Chacun l'a applaudi d'une si bonne action Il a fait une harangue que tout le monde a applaudie."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ou APLAUDIR, v. n. ["A-plodi", 2e dout.] On peut demander, je crois, pourquoi l'"Acad." écrit "apaiser", "aplanir", "aplatir" avec un "p", et "applaudir", "appliquer", etc. avec deux "p". Il est difficile d'en deviner la raison.
- 1°. Battre des mains en signe d'aprobation. Il régit la prép "à" des persones; "aplaudir aux" Comédiens, "aux" Acteurs. Il en est qui pensent qu'on dit également bien, tout le monde "lui aplaudit", ou "l'aplaudit". M. de Vailly le dit ainsi dans le "Rich. Port."
- L'"Acad." ne met d'exemple de ce régime direct qu'avec "aplaudir", signifiant "aprouver". 'Chacun l' "a aplaudi de" cette bonne action. Il a fait une harangue "que" tout le monde "a aplaudie".
- Les Poètes le font indifféremment actif ou neutre.
   Sifler la pièce, "aplaudir à" l'acteur.       Anon.
  Le public dédaigneux hait ce vain artifice:
  Il sifle la coquette, il "aplaudit l'"actrice.
Dorat.
2°. figurément, "aprouver" ce que fait ou dit une persone, et le marquer de quelque manière que ce soit. 'Tout le monde "aplaudit à" cette proposition.
   3°. "S'aplaudir" se dit ou tout seul: 'Il "s' aplaudit" continuellement lui-même: il est le seul à "s' aplaudir"; ou avec la prép. "de" devant les noms et les verbes. Quelle horreur de "s'aplaudir de" ses méchancetés, "d'avoir brouillé" toute une famille!



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Battre des mains en signe de resjoüissance & d'approbation. "Le peuple applaudissoit dans les theatres, dans le cirque". Aujourd'huy il n'est guere en usage au propre.
Il signifie fig. Approuver ce que fait une personne & l'en loüer. "Il fit une proposition si juste que toute l'assemblée luy applaudit. s'il faisoit ce bien-là au public, tout le monde luy oit. quand un homme est dans la faveur, dans la puissance, toute la Cour luy applaudit. il vous applaudit en tout & par tout".
"S'Applaudir" avec le pronom personnel, signifie, Se loüer, se vanter soy-mesme. "C'est un homme qui s'applaudit perpetuellement. c'est une sotte vanité que de s' soy-mesme".




Emplacement dans le dictionnaire :

appeter
appéter
appétible
appetissant
appétissant
appetit
appétit
appétitif
applaudi

applaudissement
applaudisseur
applicable
applicateur
application
appliqué
applique
appliquer
appliqueuse
appoint
appointage




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...au ridicule ; tout ce qui est résultat les alarme et leur semble de nulle valeur. Certes s'ils se bornaient à faire la guerre aux généralités hasardées, aux aperçus superficiels, on ne pourrait qu'applaudir à leur sévérité. Mais souvent ils ont bien l'air de tenir aux détails pour eux-mêmes. Je conçois à merveille qu'une date heureusement rétablie, une circonstance d'un fait important retrouvée, une...


Citation n°2 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...le triomphe des barbares. Et pourtant je souffrais quand j'entendais des hommes honnêtes déverser le rire, le mépris ou la colère sur ces lamentables folies ; je m'irritais quand j'entendais applaudir à de sanglantes vengeances ou regretter qu'on n'en eût pas fait assez. Car enfin, ces insensés savaient-ils ce qu'ils faisaient, et était-ce leur faute si la société les avait laissés dans cet état...


Citation n°3 de VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Contes cruels)

...et qui s'enfuyait en croyant chanter ! Au centre des fauteuils d'orchestre, un tout jeune homme dont la physionomie exprimait une âme résolue et fière, - manifestait, brisant ses gants à force d'applaudir, l'admiration passionnée qu'il subissait. Personne, dans le monde parisien, ne connaissait ce spectateur. Il n'avait pas l'air provincial, mais étranger. - en ses vêtements un peu neufs, mais d'un...


Citation n°4 de Eugène VOGÜÉ (Les Morts qui parlent)

...tous les regards. Fascinés, les hommes du peuple qui garnissaient les galeries supérieures écoutaient, avec des crispations dans leurs mains impatientes de battre. Deux lycéens firent le geste d'applaudir. - que c'est beau, cette domination sur une assemblée ! Dit à haute voix l'un d'eux. - c'est beau ! Répéta comme un écho inconscient, dans la tribune au-dessous, la dame de province ; et son corsage...


Citation n°5 de Eugène VOGÜÉ (Les Morts qui parlent)

...lesquels il se serait fait fort de répondre à l'orateur socialiste. Ses plus verbeux contradicteurs étaient ceux qui ne parlaient jamais à la tribune ; ceux aussi qui venaient de se surprendre à l'applaudir et en gardaient un remords, un besoin de réagir contre la surprise du magicien. On eût dit les ébats d'une ménagerie, quand, après la sortie du dompteur qui les tenait couchés sous sa cravache, les...


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